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Eduquer aux médias : mission impossible ?!

Il n’est plus guère possible de parler de « politique »[1] — surtout de ce qu’on appelle ses « actualités » — en sautant par dessus la case « médias ». Par définition, les « médias » ont pour fonction de « médiatiser » notre rapport à certaines « réalités » — événements, faits, discours, qu’ils soient rubriqués politiques, économiques, sociaux, nationaux, internationaux, etc. — tout ce qui sera considéré comme « digne d’intérêt » à la fois par ces organes mêmes, ainsi que par une majorité de lecteurs.

Comment comprendre que l’éducation populaire, tout comme l’éducation nationale, ressentent le besoin de faire ce qu’on a coutume désormais d’appeler « éducation aux médias » ? Derrière les vagues injonctions à former des citoyens « actifs, autonomes et critiques[2] », comme le résument les Belges[3], voyons comment se dessine l’ampleur de la tâche « éducation aux médias » à la lecture de ce très pieux document made in éducation nationale sobrement sous-titré « tout ce qu'il est indispensable de maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire » :

Les élèves devront être capables de jugement et d'esprit critique, ce qui suppose : savoir évaluer la part de subjectivité ou de partialité d'un discours, d'un récit, d'un reportage ; savoir distinguer un argument rationnel d'un argument d'autorité ; apprendre à identifier, classer, hiérarchiser, soumettre à critique l'information et la mettre à distance ; savoir distinguer virtuel et réel ; être éduqué aux médias et avoir conscience de leur place et de leur influence dans la société ; savoir construire son opinion personnelle et pouvoir la remettre en question, la nuancer (par la prise de conscience de la part d'affectivité, de l'influence de préjugés, de stéréotypes).

On comprendra aisément qu’une part non négligeable des jeunes de 16 ans aujourd’hui ne dispose pas de telles « compétences »… Qui ne voit pas que nos jeunes, dans leur immense majorité,  ne savent pas « évaluer la part de subjectivité d’un discours », ne savent pas « distinguer un argument rationnel d'un argument d'autorité » ; ne savent pas « mettre l’information à distance » ; ne savent pas « distinguer virtuel et réel » ; ne savent pas  « situer la place et l’influence des médias dans la société » ; ne savent pas « construire une opinion personnelle et pouvoir la remettre en question, la nuancer (par la prise de conscience de la part d'affectivité, de l'influence de préjugés, de stéréotypes) » ?

Il ne faudrait pas trop en vouloir à nos « jeunes » prétendument en difficulté. En effet il me semble hors de doute non seulement que de telles « incompétences »[4] sont partagées par une extrême majorité d’entre eux, mais surtout, très vraisemblablement, par une vaste majorité d’entre nous — comprenant sans surprise la communauté de ceux qui font profession d’éducation !

C’est l’objet de cet article que de commencer à justifier cette option à l’allure si périlleuse, provocante et gratuite, que je reformulerai en disant que la brochette de « compétences » citée précédemment n’est en toute rigueur qu’une enfilade de vœux pieux. Je ne prendrai le temps de développer — dans cet article — qu’un seul véritable argument, mais un « gros morceau ». Avant d’y venir et en attendant d’autres développements, je prends le temps de livrer succinctement ce que me dit mon nez, humant ce bouquet de bonnes intentions offert si généreusement. 

Evaluer la part de subjectivité d’un discours ? Prenez n’importe quel article d’un quotidien national, il est infiniment improbable que vous puissiez évaluer une chose pareille ! A moins d’enquêtes multiples et variées et largement inaccessibles au commun des mortels, sur l’objet précis de l’article, la fiabilité des sources, la moralité du journaliste, etc. ! Distinguer un argument rationnel d'un argument d'autorité ? Mais l’argument d’autorité est logé à l’intérieur même de la rationalité — ce qui est au cœur de tout enseignement tel qu’il est conçu aujourd’hui, et nous ne parlons pas des académies ! Distinguer virtuel et réel ? Au pays de la réalité numérique dans lequel nous sommes entrés ? Avoir conscience de la place et l’influence des médias dans la société… Une telle « prise de conscience » est-elle seulement imaginable ? Et d’abord : n’est-elle pas par définition inacessible à tous ceux qui s’abreuvent des médias ? Ne faudrait-il pas commencer par pratiquer régulièrement l’abstinence médiatique pour prendre réellement conscience de cette emprise ? Et de commencer par apprendre (aux enfants) à ne plus regarder la télévision ? Voilà la tâche à laquelle l’éducation nationale serait fort inspirée de s’atteler ! Mais en admettant que l’ombre du début d’une « prise de conscience de la place et l’influence des médias » soit possible avant seize ans, on se demande comment l’enseignant pourrait traduire en langage SMS des questions relatives : à la marchandisation de l’information ; à la concentration « industrielle » des principaux médias ; à leurs rapports de forces avec les forces du marché et notamment avec les annonceurs, et avec l’actionnariat ; à l’accroissement du rôle de l’image, et à sa spectacularisation ; à la tyrannie de « l’urgence » ; au formatage de l’information naturellement induit par ses supports privilégiés et par l’urgence susmentionnée ; à la formation des journalistes ; à la connivence du journaliste avec le politique… C’est seulement après tout cela, ou au moins, d’un peu de tout cela, qu’on pourrait légitimement inviter nos chères têtes blondes à sonder ce qui peut subsister malgré tout de « l’objectivité »[5] médiatique ?

Pour l’heure, je me contenterai de quelques arguments pour défendre — partiellement et partialement[6] — la thèse que les médias font obstacle à l’engagement ou au concernement citoyen (ou politique) ! Je défendrai que ce qui nous est servi par les médias a pour premier effet de nous divertir de ce qui devrait nous occuper (notre sort commun, ou la politique). Je changerai de ton ensuite pour signifier mon propre effarement devant « l’offre » médiatique — ou plutôt devant le problème de l‘usage auquel cette offre invite largement… — Voilà, entre parenthèses, et pour qui n’y est pas habitué, le genre de « largesse » qu’on se permet en tant qu’éducateur populaire, précisément pour inviter chacun à faire de même — à savoir : s’autoriser à parler en tant que sujets, en tant que sujets traversés par des émotions, par des joies, des craintes, des dégoûts, des colères, etc. Car c’est cela, la vraie objectivitécelle qui doit venir en premier — n’en déplaise aux techniciens de l’éducation ! Pour la synthèse, pour la dialectique, le moment viendra — bien assez tôt — il viendra après. D’abord, donc, ce qui nous anime, et en l’occurrence, ce qui nous inquiète. Cela ne nous empêchera pas — au contraire ! — de faire preuve de sérieux[7].

On pourrait en brosser des tableaux, de ce que les médias — de fait, et sans doute essentiellement à leur insu — engendrent comme effets de diversion sur le concernement politique du citoyen. Bien sûr, les médias ne sont pas les seuls ni même les premiers à nous « divertir » : toute une industrie (privée) s’y active explicitement ; cependant qu’indirectement, ni les entreprises, ni les Etats, ne semblent tout à fait en reste — qui eux aussi « communiquent ». D’autre part, comment ignorer que, voilà quelques années, un changement brutal dans notre milieu informationnel est intervenu, jetant sans maître nageur l’humanité dans le Grand Bain Numérique ? Les errements narcissiques du juvénile homo numericus (passant désormais le plus clair de son temps à jouer avec son nouvel organe) semblent être la réaction de défense universelle contre l’imperceptible cataclysme. L’explosion de l’offre d’information fait que tous — y compris ou surtout nous qui tentons un coup de sonde après le bouleversement — désormais surnageons. A cela, les médias n’y seraient pour rien. Cependant, premier paradoxe — que nous explorerons un peu — il semble que malgré la nouvelle manne informationnelle subsiste, dans le chaos médiatique apparent, un ordre du jour. Un ordre du jour qui zèbrerait le « paysage », avec l’apparence de l’« accidentel » — n’est-ce pas assez clair ? Aujourd’hui, l’affaire A. On ne parlera que de cela ou presque (en sandwich entre les résultats sportifs, les faits divers, la bourse, la météo, etc.). Demain et pour la quinzaine suivante, ce sera l’affaire B. L’affaire A a-t-elle été « résolue » ? Quelle question ! L’affaire B est plus actuelle, plus « urgente » ; elle chasse naturellement l’affaire A ! Sans compter que les termes du débat de telle affaire seront tels et tels puisque les « experts » de la question qui seront invités seront tels et tels (on le sait par avance, on les connait suffisamment bien !). L’ordre du jour a pour effet manifeste de maintenir l’attention mobilisée.

Les médias ne font pas que mobiliser[8] notre attention. Contrairement à ce que nous affirmons, tout média quel qu’il soit se vantera d’éclairer le jugement de son auditeur. Tout journaliste proclame — en toute bonne foi : écoutez-moi et faites-vous ensuite votre opinion par vous-même ! Tout le monde opine… Mais à y regarder de près, cette harangue invisible du journaliste ressemble fort à ce qu’on appelle ailleurs une double injonction paradoxale. En effet, les conditions d’émergence d’une pensée par soi-même — une pensée, disons, « véritablement autonome » — me paraissent extrêmement précaires tant que le sujet n’opère pas intégralement par lui-même (remarque qui semble, au passage, désigner aussi bien tout le problème de l’école). En d’autres termes : il m’est extrêmement difficile de penser par moi-même à propos d’un sujet que je n’ai pas délibérément choisi —en tout cas pour lequel je n’éprouve aucun désir de connaissance particulier. Voilà pourquoi — pub ! merci de votre attention — je propose[9] de questionner le monde, c'est-à-dire de partir des questions que nous nous posons.  — Que dis-je, que vous vous posez !

On dira : c’est bien beau, mais je ne peux me substituer au journaliste qui collecte les faits, qui se rend sur place, etc. Je suis obligé de lui faire confiance. Peut-être, sauf que — un article n’est jamais une pure « collection » de faits. Au contraire, la grande majorité des « faits » que nous rapportent les journalistes sont des discours, qui comprennent de nombreuses interprétations. Un article de presse est bien plutôt une collection d’interprétations des faits, et même : une collection de conventions d’interprétation des faits ! Tout ou presque est convenu dans le journalisme, de la manière de s’exprimer au « cadrage » du contenu lui-même. Le premier parti pris, on l’a dit, sera de traiter tel sujet. Rares les journalistes qui décident encore (seuls) des sujets qu’ils traitent, qui ne dépendent pas d’une agence de presse, qui ne répondraient pas à un coup de fil d’un ministre qui a « une info ». Les titres s’imposent d’eux-mêmes. La forme. Le nombre de lignes. Le ton.

La réalité comme fabrication médiatique

Les présentations étant faites, entrons dans un couloir bien plus sombre et bien plus inquiétant de cette hétéronomie médiatique. L’été 2002, un proche conseiller du président G. W. Bush (un peu bavard) exprima avec une ingénuité déconcertante sa conception de la politique à un journaliste du New York Times. Je prends le temps de citer[10] in extenso ce petit moment de vérité. On va vite comprendre pourquoi. C’est le journaliste qui raconte :

Le conseiller du président me confia que pour lui, les gens comme moi vivaient dans ce que nous appelons la reality-based-community, la communauté de ceux qui croient qu’il suffit d’examiner avec soin ce qui est tangible pour se faire une idée de la réalité. J’approuvai en marmonnant quelques références aux principes des Lumières et de l’empirisme. Il me coupa net : « ce n’est plus comme cela que ça se passe. Désormais nous sommes un empire, et lorsque nous agissons, nous créons la réalité que nous voulons. Et pendant que vous étudiez cette réalité, avec tout le soin que vous voudrez, nous continuons d’agir et de créer d’autres réalités, que vous pourrez étudier autant que vous voudrez ; c’est ainsi que s’organisent les choses désormais. Nous sommes les acteurs de l’histoire… et à vous, à vous tous, il vous revient d’étudier ce que nous faisons. »

L’article a fait date, à cause de l’expression de reality-based-community, qui fut reprise dans de nombreux blogs critiques du néo-conservatisme US. Elle fait l’objet d’une entrée dans Wikipédia US. Ce qui est curieux, c’est que cette définition de Wikipédia procède d’un parfait contresens[11] — qu’il est encore de notre propos d’examiner rapidement. En effet l’article oppose très classiquement les partisans d’une reality-based-community qui seraient dans le camp du « réalisme » et ceux, « irréalistes », qui seraient dans la foi, l’idéologie ou la religion. C’est le contraire de ce qu’il faut comprendre si on tend l’oreille aux propos de l’ironique conseiller : le travail de « l’entendement » et de « l’analyse » ne permet plus d’accéder à la réalité politique parce que cette réalité est construite et déplacée en permanence. Autrement dit, ceux qui croient saisir cette réalité en étudiant par des voix rationnelles « ce qui en émerge » sont d’emblée dans le faux ; ce sont eux qui courent après une chimère.

Prendre au sérieux ces déclarations plonge dans une effroyable perplexité. Suivre Rove jusqu’au bout, c’est faire l’aveu que la réalité servie sur les télescripteurs est un jeu de miroirs, hors de portée de toute analyse « politologique » — sinon indécryptable, au moins conçu pour ne pas être décrypté dans des temps raisonnables. On sait depuis longtemps combien l’information constitue une denrée stratégique et sensible en temps de guerre, ou plus généralement en temps « de politique ». On se rappelle la formule de Foucault : « la politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens ». Comment croire alors que les moyens de « communication » ou plutôt de « propagande » actuels d’un gouvernement comme celui des US ne dépassent pas — et de très loin — les moyens de décryptage du public, ou d’un journal d’investigation quelconque ?[12] Une interprétation pessimiste de ce qu’on pourrait appeler le paradoxe de Rove est donc ce qui vient en premier. Elle incite à dire : laissons-là toutes les chimères médiatiques, il n’y a plus rien à comprendre. On se demande si à cette tentation, nous ne succombons pas déjà tous plus ou moins (et de plus en plus). Jusqu’où irons-nous dans la résignation à ce qu’on nous montre ce qu’on veut bien nous montrer ? A continuer à lire des documents de communication auxquels, par ailleurs, on ne croit plus tout à fait ? Cette question est une vraie question d’éducation populaire. Mais il y a une autre manière d’entendre les propos de Rove : pour le dire façon Hollywood, c’est de « prendre la pilule rouge ». Car si Rove a raison, et que certains écrivent les « scripts de la réalité » [13], c’est que la matrice peut en principe être craquée. Les « scénaristes » eux-mêmes peuvent parler (ce qui est improbable), mais nous devons tenir pour plus probable que ce sont ceux qui nous parlent des fissures dans la matrice qu’il faut d’abord écouter : lanceurs d’alertes, alternatifs, groupes de citoyens en prise directe avec les événements, etc. Il y a toutes les chances pour que les David soient plus véridiques que les Goliath.

Ce happy end trouve malheureusement une objection sérieuse. Certains auraient beau trouer la matrice et dévoiler d’ignobles scandales sur Arte, la plupart n’arrêteraient pas pour autant de regarder Tf1. — De jouer à la console, à la tablette, à lire les mêmes magazines, etc. En somme, Marie-Monique Robin n’inquiète pas Monsanto. La règle et l’usage ne changent pas parce qu’on en dénonce l’abjection. Peut-être même que désormais, les lanceurs d’alerte font partie du paysage ; qu’ils sont compatibles avec la poursuite de l’enfumage et de l’entubage généralisés.

Alors, la « vérité », ça ne change rien[14] ? Cela change notre perception de la réalité. C’est déjà beaucoup, même si c’est insuffisant à « changer les choses ». De toute façon le travail de l’éducation populaire, au sens où je l’entends (comme travail de la culture), s’arrête au seuil de l’action. Mais je crois par contre qu’il faut impérativement discuter de tout cela ! Et méthodiquement ! Et pas par écrans interposés ! Et pas en « tête à tête » avec un écran d’ordinateur ! Il faut rouvrir des chantiers de conscientisation collective dans toutes les zones de pénombre de la domination. C’est un des sens possibles des ateliers de questionnement du monde. C’est aussi pourquoi, disons cela au passage, il y a urgence à accueillir, éclairer et dialoguer avec toutes les théories dites du complot plutôt que de les vouer a priori aux gémonies.

Les questions qu’on vient de soulever ont-elles le pouvoir de réveiller l’éducation populaire instituée, d’en modifier ou d’en renouveler l’objet ? Encore faudrait-il qu’elle les prenne au sérieux, et qu’elle trouve l’audace de revisiter de fond en comble ses discours actuels autour de « l’éducation aux écrans » ou « l’esprit civique ». Ou bien faudra-t-il se « résigner » avec Valéry :

— Ne lisez pas de journaux — N’allez pas au cinéma — Sachez un métier à fond — Ne croyez pas ce qui est imprimé — Ne vous étonnez pas des choses énormes ou intenses — Ne vous laissez séduire à la vitesse mécanique — Marchez et nagez — Retenez-vous de donner importance aux mots dont le sens, « clair » dans l’instant et en acte devient d’autant plus incertain qu’on l’isole et qu’on le presse davantage.

Paul Valéry, Cahiers, p.367.



[1] Au sens où nous employons ce terme dans tout ce site, à savoir : la « cité », les affaires collectives, ou encore ce qui nous concerne.

[2] Voir notre article xxx sur l’esprit critique.

[3] "L’éducation aux médias a pour finalité de rendre chaque citoyen actif, autonome et critique envers tout document ou dispositif médiatique dont il est destinataire ou usager." (Conseil supérieur de l'éducation aux médias de Wallonie)

[4] Ici avec P. Meyrieu, avec J.P. Le Goff, j’invite l’éducation populaire qui a encore quelque chose à défendre à se battre contre l’idéologie des compétences. Voir le Monde du 02.09.2011 « Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser » de Nicolas Truong.

[5] « Objectivité » pris ici dans le sens commun — c'est-à-dire fautif, mais cela est une autre histoire — de « vérité ».

[6] « Partialement », non parce que j’aurais de quelconques intérêts à me situer « pour » ou « contre » les journalistes ou les médias, mais simplement pour parler en tant que sujet situé, — conformément aux principes de cette éducation populaire politique que nous défendons.

[7] Qu’au passage on ne confondra pas avec neutralité !

[8] Mobiliser, c’est empêcher l’attention de se fixer ; c‘est aussi, dans un sens militaire, se mettre en ordre de marche. Est-ce un hasard si un avionneur militaire contrôle des dizaines de journaux dont un grand quotidien national ?

[9] Il me faudra écrire un peu sur l’origine de ce questionnement du monde, dont j’emprunte l’expression à l’enseignant et formateur d’enseignants Yves Chevallard. Voir http://yves.chevallard.free.fr/  

[10] “Faith, Certainty and the Presidency of George W. Bush” de Ron Suskind, October 17, 2004. Ma traduction.

[11] L’interprétation que je donne est cohérente avec ce qu’on peut lire là : http://rationalwiki.org/wiki/Reality-based_community

[12] Question qui mériterait d’autres examens étant donné les possibilités réciproques de « ligues » citoyennes, la question des « fuites » de l’information (Wikileaks, affaire Snowden).

[13] On pourrait parler de prepared reality — mais je me bats suffisamment contre les anglicismes pour ne pas en créer moi-même !

[14] La question est de savoir si la connaissance que les choses sont telles nous place nécessairement dans la voie du changement. De façon basique, oui : c’est la condition du changement. Mais l’inverse est parfois vrai : la connaissance de certaines vérités accable (ce que pensait déjà Nietzsche, qui tirait la conclusion pessimiste que « il y a des choses que nous ne voulons pas savoir ») ; comme dit Méheust, il nous incombe encore de « surmonter le dégoût ».